Le futur du travail après la COVID 19

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Depuis 2020, la crise de la COVID-19 a largement bouleversé le marché du travail dans le monde entier. Les salariés ont été impactés différemment, certains changeant de leur façon de travailler pendant que d’autres ont vu leur fonction devenir encore plus essentielle. Si l’on connaît les effets immédiats de la crise, quels seront-ils sur le long terme ? McKinsey, cabinet américain de conseil en stratégie, s’est projeté en publiant un rapport sur le futur du travail après la crise du coronavirus. Le cabinet a effectué ses recherches dans 8 pays pour évaluer le développement de l’économie post crise sanitaire et son effet sur le marché du travail. Re.sources vous partage les principaux enseignements de cette étude. 

Avant la crise sanitaire, le développement des nouvelles technologies était la principale source de bouleversement de nos économies et de nos modes de vie. Le COVID-19 a totalement remis en cause nos habitudes, notamment en termes de travail. L’étude de McKinsey nous montre que les métiers qui vont être les plus impactés seront ceux qui induisent une grande proximité physique comme les métiers liés à l’hôtellerie, la vente ou la restauration. Par ailleurs, la tendance au télétravail va s’accélérer, avec des dirigeants d’entreprises qui commencent déjà à réduire le nombre et la surface de leurs espaces de travail. Le cabinet de conseil nous rappelle également que les salariés seront amenés à changer de métier plus souvent. 

Autre tendance que la pandémie va accélérer : le recours à la technologie et notamment l’intelligence artificielle (IA). En automatisant certaines tâches, elle va contraindre les personnes occupant des postes à basse qualification à monter en compétences pour se maintenir en emploi.  Enfin, McKinsey nous explique le rôle crucial des entreprises et des gouvernements pour accompagner ces changements.

Le télétravail est voué à se développer

 les métiers impliquant une grande proximité physique seront les plus impactés.

La conséquence directe du COVID-19 sur notre société a été le recours massif au télétravail. Si l’on a pris l’habitude d’en parler comme d’une tendance, le télétravail est désormais une réalité quotidienne. McKinsey estime que 20 à 25% des travailleurs au sein d’entreprises tertiaires pourraient télétravailler 3 à 5 jours par semaine. C’est cinq fois plus que le taux actuel durant cette pandémie. Cela pourrait avoir un impact sur la géographie du travail, avec des travailleurs s’éloignant de plus en plus des grandes villes. C’est pourquoi certaines entreprises anticipent déjà ce changement en réduisant leurs espaces de travail. Selon le sondage de McKinsey effectué auprès de 278 dirigeants, 30% d’entre eux envisagent de réduire la surface de leurs espaces de travail. Les voyages d’affaires risquent eux aussi de diminuer, au profit de visioconférences (même si les négociations importantes se feront toujours de façon physique).

L’impact de la technologie sur les bas salaires

Dans des secteurs d’activités qui requièrent une main d’œuvre peu qualifiée, l’automatisation des tâches et le recours à l’intelligence artificielle (IA) a considérablement augmenté. McKinsey montre que plus de 500 dirigeants sur 800 ont investi dans ces technologies. Cette accélération est due, comme vu précédemment, à la volonté des dirigeants de réduire la surface de leurs espaces de travail. Mais cette hausse est également provoquée par la volonté d’améliorer la productivité de l’entreprise.

le COVID-19 va accélérer le recours à l’automatisation et à l’intelligence artificielle.

L’impact de ce virage technologique se fera ressentir en particulier sur les professions à bas salaires. Avant la pandémie, un travailleur perdant ou quittant un poste à bas salaire pouvait trouver une activité à rémunération équivalente, que ce soit dans le même secteur ou dans un autre. McKinsey nous montre qu’après la pandémie, près de la moitié des collaborateurs qui quitteront un poste à bas salaire seront obligés de monter en compétences pour trouver un nouveau travail. Ainsi, en 2030, dans les 8 pays analysés par le cabinet américain, plus de 100 millions de travailleurs changeront de poste. En France, en Allemagne et en Espagne, cette tendance va toucher les femmes presque quatre fois plus que les hommes. En Inde, la part du temps de travail consacrée aux activités physiques et manuelles va régresser de 2,2% contre une augmentation de plus de 3% pour celle dédiée aux activités technologiques.

Le rôle des entreprises

Pour accompagner cette profonde mutation du monde du travail, les entreprises vont avoir un rôle prépondérant. Avec l’aide des gouvernements, les entreprises ont montré une adaptabilité et une flexibilité remarquables lors de cette pandémie. Elles ont créé des concepts et des procédés innovants dont elles doivent faire profiter leurs collaborateurs. Par exemple, les entreprises peuvent leur proposer des formations pour les faire évoluer et monter en compétences sur de nouvelles tâches (IBM, Amazon et Wallmart ont déjà eu recours à ce procédé du upskilling).

Comme les entreprises, les gouvernements doivent également accompagner le travail de demain, en créant ou améliorant les réseaux digitaux mis à disposition de tous. En effet, même dans les économies les plus avancées, près de 20% des actifs en milieux ruraux n’ont pas ou peu accès à Internet. De plus, les gouvernements peuvent aider les entreprises et leurs collaborateurs à développer leurs compétences. Des actions ont déjà été entreprises, avec par exemple le pacte sur les compétences signé pendant la pandémie, grâce auquel 7 milliards d’euros ont été dégagés pour permettre à plus de 700 000 travailleurs dans le secteur de l’industrie automobile d’améliorer leurs compétences. Ces actions conduiront à une société plus résiliente, plus talentueuse et plus égalitaire.

les entreprises et les décideurs politiques peuvent faciliter les transitions professionnelles des collaborateurs.

 

Si la crise sanitaire a déjà commencé à changer nos façons de travailler, elle va bouleverser le futur du travail. L’étude menée par le cabinet McKinsey nous montre que collaborateurs, entreprises et gouvernements devront être toujours plus flexibles et s’adapter aux nouvelles tendances technologiques et structurelles qui vont définir le monde du travail.

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