Propositions : D’un « socle de compétences numériques » à une véritable culture digitale partagée

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Pour aller plus loin, des propositions pour passer d’un « socle de compétences numériques » à une véritable culture digitale partagée

 

Mais malgré le volontarisme indéniable de la réforme du baccalauréat en matière de compétences digitales, l’acquisition d’un socle de compétences minimales n’est plus suffisante et il y a surtout urgence.

Voici quelques propositions pour passer plus rapidement à une culture numérique totale.

Pistes de réflexion

Utiliser les MOOCS comme des outils au service de l’orientation des élèves, notamment dans les matières scientifiques qui s’y prêtent bien. Communiquer pro-activement auprès des lycéens sur l’opportunité de suivre un MOOC afin de leur faire découvrir des secteur vers lesquels ils ne se seraient pas spontanément tournés et ainsi faciliter leur orientation.

Pistes de réflexion

S’appuyer sur les actions menées par le EdFabet les généraliser partout en France, comme l’opération “How I met my startup” (visite de start-ups organisées pour les lycéens, initiative actuellement développée à Paris et en Seine-Saint-Denis). Mettre en place des exercices de simulation« pitcher sa startup ou son projet professionnel » au lycée, animés par des intervenants eux-mêmes issus de startups (exemple : association 100 000 entrepreneurs).


Pistes de réflexion

Les objets connectés (tableaux numériques, objets domotiques…) peuvent constituer des aides à l’apprentissagegrâce à la diversification des supports, et peuvent également permettre l’acquisition de nouvelles compétences (programmation…).

Le développement de l’IA laisse lui aussi présager une modification quotidienne des pratiques des enseignants(aide à la correction et à l’évaluation) et des élèves, en leur apportant un accompagnement davantage personnalisé selon leurs besoins. Ces nouvelles technologies utilisées à des fins d’éducation permettent également aux élèves d’acquérir de nouvelles compétences à la fois digitales mais aussi interpersonnelles ou « soft skills » (autonomie, innovation, travail en groupe ou en mode projet…)

Le développement des « classes inversées » et d’autres innovations pédagogiques peut être facilité par les outils numériques: le concept n’est pas nouveau, il consiste pour les élèves à consulter le cours pédagogique chez eux, le cours en classe étant consacré aux échanges et débats. Grâce à la multiplication des MOOCs et à la généralisation des équipements numériques personnels (smartphones, tablettes ordinateurs), les classes inversées sont plus simples à mettre en œuvre. Via des plateformes collaboratives institutionnelles et des logiciels communs de travail, les élèves peuvent eux-mêmes produire du contenu et des ressources et les partager. La pratique de la « classe inversée » a démontré son utilité en termes pédagogiques mais aussi pour l’acquisition de soft skills : autonomie, communication, capacité à s’informer…

Les réseaux sociaux peuvent également être utilisés à des fins pédagogiques. Parmi quelques exemples, citons le développement de la « Twictée », une dictée via Twitter : des groupes d’élèves écrivent des courtes phrases dictées, les envoient aux élèves d’un autre établissement qui les corrigent en argumentant leurs réponses, avant de les « tweeter » et réciproquement. Cela permet outre l’apprentissage de l’orthographe de renforcer la collaboration entre les élèves. Ces derniers apprennent également à prendre en main les réseaux sociaux, afin d’en faire un usage éclairé. Les réseaux sociaux peuvent aussi être utilisés afin d’optimiser la vie de classe, notamment via les délégués qui peuvent gérer un espace numérique commun (groupe WhatsApp ou compte Twitter de classe pour faire remonter les doléances).

Pistes de réflexion

Il faut ainsi absolument évaluer toutes les expérimentations qui suppriment les outils et méthodes traditionnels au profit du numérique. Ainsi de l’opportunité d’utiliser un manuel exclusivement numérique(expérimentation depuis 2017 dans une centaine d’établissements, avec plusieurs régions ayant fait le choix de passer au 100% numérique avec la mise en œuvre de la réforme du lycée, qui impose le renouvellement de l’ensemble des manuels scolaires des lycéens d’ici la rentrée 2019).

En effet, le passage au tout numérique est relativement critiqué par les professeurs ainsi que certains spécialistes des neurosciences qui s’interrogent sur l’impact que cela pourrait avoir en termes de concentration des élèves (voir notamment le livre de Philippe Bihouix et. Karine Mauvilly, Le Désastre de l’école numérique(2016)[1]. Aux Etats-Unis, on note que les écoles privées limitent l’exposition aux écrans alors que les écoles publiques en font la promotion… les classes les moins favorisés sont ainsi très exposés aux écrans… au détriment des élèves[2].

Vous pouvez retrouver l’intégralité du dossier ici

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Sources externes :

[1] On pourra en trouver un résumé ici : http://www.seuil.com/ouvrage/le-desastre-de-l-ecole-numerique-philippe-bihouix/9782021319187).

[2] Voir notamment : Nellie Bowles, Oct. 26, 2018, « The Digital Gap Between Rich and Poor Kids Is Not What We Expected », in The New York Times https://www.nytimes.com/2018/10/26/style/digital-divide-screens-schools.html

 

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