Millenials : pour les attirer, les grandes écoles se réinventent

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17 Juil 2019

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Si les entreprises rivalisent d’imagination pour intégrer au mieux leurs collaborateurs issus des nouvelles générations et surtout les fidéliser dans l’entreprise, les grandes écoles, elles aussi, doivent adapter leur cursus et leurs méthodes pour capter l’attention des Millenials.

« Avec les Millenials, nos plus grands concurrents aujourd’hui sont Google et Microsoft ». Alain Goudey dirige la transformation digitale non pas d’une grande entreprise, mais d’une grande école, Neoma Business School. En relation directe avec les nouvelles générations, baignées dans les réseaux sociaux, les technologies et Internet depuis leur enfance, les écoles et les universités doivent se réinventer continuellement et s’adapter à ces étudiants d’un nouveau genre, dont l’attention ne cesse de baisser.

Ces générations ont grandi dans un contexte socio-technologique, qui a transformé le rapport au temps

« Ces générations ont grandi dans un contexte socio-technologique, qui a transformé le rapport au temps, souligne Catherine Lejealle, sociologue et chercheuse à l’ISC Paris. Ils vivent dans l’immédiateté et peuvent faire plusieurs choses à la fois. Ils recherchent par ailleurs des expériences fluides, sans couture, mais avec une curiosité qui s’estompe très vite ».

Une transformation devenue obligatoire

Pour les grandes écoles comme pour les professeurs, l’enjeu est donc considérable : capter l’attention des étudiants tout en les conduisant vers l’apprentissage via des outils technologiques. La plupart d’entre elles ont créé des directions de l’innovation depuis quelques années avec pour objectif de faire évoluer les pratiques pédagogiques et les adapter aux évolutions du besoin des entreprises, de la société et des étudiants.

Les attentes des étudiants ne sont pas claires

Pour Valérie Claude-Gaudillat, directrice d’Audencia Innovation, « les attentes des étudiants ne sont pas claires, mais l’évolution des comportements est telle que nous sommes obligés de nous adapter. Sans compter que les entreprises expriment aussi de nouveaux besoins en compétences notamment sur la posture en entreprise et souhaitent des profils de plus en plus hybrides ».

Le travail de transformation se joue tant sur le fond que sur la forme. Les contenus évoluent en s’appuyant sur les neurosciences par exemple. Quant à la forme, elle intègre de plus en plus l’aspect digital. Techniques de pédagogie inversée, quiz collectif, e-learning, gamification… La diversité des innovations d’apprentissage devient la priorité des écoles.

Chez Neoma, Alain Goudey a misé sur l’utilisation de la réalité virtuelle immersive pour des études de cas ou pour réaliser des simulations. Pour lui, placer les étudiants dans un contexte business quasi réel est pertinent pour leur apprentissage. Il leur demande ainsi de réaliser un diagnostic critique d’un magasin qu’ils voient grâce à leur casque de réalité virtuelle. « On dépasse clairement l’aspect gadget de l’outil grâce aux mises en situation, à la décomposition des difficultés et en faisant appel à leur créativité, assure-t-il. Ce type d’approches permet d’être dans l’action et le développement des compétences ».

La théorie remplacée par le digital ?

Pour autant, est-ce la mort de la théorie ? Pour Alain Goudey, dans la plupart des cas, les cours à l’ancienne avec théorie et travaux dirigés n’apportent rien de plus que ce qui est disponible sur Internet. D’où l’importance d’apporter autre chose aux étudiants.

« Le rôle du professeur est forcément modifié, il est là pour faire le lien entre les approches et apporter des perspectives. Pour autant, les étudiants veulent des cours en présentiel et ne réclament pas le tout digital. Il faut arrêter d’opposer numérique et monde traditionnel, les deux se superposent dans la vie et dans l’apprentissage ».

Chez Audencia, le tout digital n’est pas une priorité. Les programmes sont adaptés selon les retours des étudiants. Par exemple, un cours sur les écritures comptables qui ne leur plaisait pas et dont l’approche théorique n’était pas aisée a été réalisé sous forme de capsules vidéo plus interactives. « Nous regardons où nous avons de réels pain points et nous essayons de voir comment le digital pourrait nous aider », assure Valérie Claude-Gaudillat. Sur la méthodologie de recherche, l’école a misé sur un process d’e-learning, en 25 vidéos, qui permet d’accompagner les étudiants et de décharger les professeurs.

L’émotion et le vécu restent encore essentiels

Pour Catherine Lejealle, les jeunes ont encore ce besoin d’expérience physique. Par exemple, une vidéo de présentation du campus ne leur suffit pas, ils ont besoin d’aller sur place, de voir l’endroit. Selon elle, « ils sont avec les écoles comme avec les marques, mais l’émotion et le vécu restent encore essentiels ».

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