L’upskilling, levier pour assurer l’employabilité des actifs

upskilling enjeu d'entreprise

21 Juil 2020

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Décryptages

La montée en compétences ou upskilling constitue l’un des défis des entreprises et des travailleurs confrontés à l’automatisation et la digitalisation grandissantes. Dans cette perspective, les initiatives se multiplient pour pérenniser l’employabilité des actifs. Un phénomène encore renforcé par le contexte actuel.

Le forum économique mondial de Davos a mis en avant en ce début d’année l’importance de la montée en compétences des salariés. Selon les dirigeants, l’upskilling constitue l’un des leviers essentiels pour pallier la pénurie de talents. Et pour cause : selon la dernière édition du « Global CEO Survey » du cabinet PWC 2020, 30% des emplois sont potentiellement sujets à automatisation d’ici le milieu des années 2030 et donc en nécessité de se transformer. 

Un chiffre corroboré par l’étude « Vers le monde digital de demain » 2019 de Willis Towers Watson, qui estime que huit entreprises sur dix auront recours à la robotisation d’ici trois ans et que deux travailleurs sur cinq estiment que leur emploi pourrait être automatisé ou délocalisé dans les dix prochaines années. Investir dans l’employabilité des salariés dans la durée est bien le défi que doivent affronter toutes les entreprises.

A lire pour aller plus loin, « face à la crise covid, un fort besoin de montée en compétences des collaborateurs apparaît ».

Pourtant, si elles prennent conscience de l’importance de la montée en compétences et des investissements massifs nécessaires, elles sont encore peu nombreuses à mettre en place des programmes dédiés. Seuls 18% des PDG mondiaux évoquent des « progrès significatifs » dans la mise en place d’un programme de perfectionnement, selon PWC. 

Se lancer dans un nouveau projet professionnel

BNP Paribas Personal Finance fait partie des groupes qui ont mis en place un dispositif d’upskilling dès 2017. En partenariat avec l’école numérique Simplon, l’objectif du programme est de former certains collaborateurs au métier de développeur web 2.0. La formation de neuf mois en alternance permet d’expérimenter des projets menés au sein de l’entreprise avec un tuteur. « L’intérêt est de permettre à des collaborateurs de vivre de nouvelles expériences tout en intégrant des projets qui contribuent fortement à la transformation de BNP Paribas Personal Finance », précise l’entreprise. Fort du succès de ce programme, le groupe a lancé deux autres formations en cybersécurité et en data.

« L’objectif est de permettre aux salariés de se lancer dans un nouveau projet professionnel et de féminiser certains métiers comme la cybersécurité où il y a peu de diversité », précise Gilles de Wailly, Directeur des Systèmes d’Informations, à l’origine de l’upskilling du groupe. 

Natixis s’est aussi lancé dans ce type de programme. En 2019, le groupe bancaire a identifié 35 emplois en transformation, sur une ou plusieurs de ses entités. Près de 2 000 collaborateurs, soit 16,9 % de l’effectif en CDI en France, sont concernés. Pour améliorer l’employabilité future de ses collaborateurs, un programme d’upskilling a été lancé, à destination d’une quarantaine de collaborateurs de la direction des opérations et des systèmes d’information. Il leur permet de bénéficier d’un parcours sur mesure en fonction de leurs besoins en partenariat avec des écoles comme l’École polytechnique ou Paris Tech.

« Si le digital est au cœur des programmes d’upskilling, les compétences plus transversales et notamment les soft skills font partie des compétences que les entreprises recherchent », précise Queenie Chan, Future of work Leader – Talent Management chez Willis Towers Watson France. Le groupe Unilever a ainsi mis en place un programme d’upskilling incluant ses partenaires, comme des plantations de thé, pour assurer l’avenir professionnel de salariés pouvant être impactés par l’automatisation grandissante. 

Un booster de carrière 

Les travailleurs sont bien conscients de la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences dans un univers en pleine mutation face à l’essor du digital. Selon une autre étude menée en 2019 par PWC, 77% des 22 000 salariés interrogés dans le monde entier ont déclaré qu’ils aimeraient acquérir de nouvelles compétences ou se reconvertir. Mais seuls 33% ont le sentiment de s’être vu donner la possibilité d’acquérir un bagage numérique nécessaire en marge de leurs activités normales dans les entreprises. 

Waby El Achaoui a eu l’occasion de participer au programme d’upskilling Développeur chez BNP Paribas Personal Finance. Selon celui qui est passé de technicien à développeur au sein de la Digital Factory du groupe, « l’upskilling représente un vrai tremplin et un accélérateur de carrière, il permet de la redynamiser pour les plus âgés ou de la booster et acquérir des compétences très recherchées et un vrai savoir-faire ». 

Il assure que sur le plan professionnel, cette montée en compétences lui a permis de devenir « cadre en quelques mois à peine » contre des années dans un processus classique. Avec à la clé une évolution sur les méthodes de travail, une forte autonomie et de vraies responsabilités. 

Un système gagnant-gagnant 

« La réussite de mon parcours a permis de faire valoir que les profils métiers plus atypiques pouvaient réussir dans des formations très techniques », précise-t-il, estimant que « l’upskilling nécessite malgré tout un investissement total sur le long terme ». 

Les entreprises devraient investir massivement dans ce type de programmes qui semblent avoir des effets très positifs pour l’entreprise à en croire PWC : « au niveau mondial, les entreprises qui ont le plus avancé dans la mise en place de programmes d’upskilling, observent de nettes améliorations dans le renforcement de la culture d’entreprise et l’engagement des collaborateurs (60 %), une hausse de l’innovation et une accélération de la transformation digitale au sein des équipes (51 %), et une augmentation du chiffre d’affaires (37 %) ».

Une vision partagée par Queenie Chan : « l’upskilling repose sur un système gagnant-gagnant : d’un côté le collaborateur gagne en employabilité tant en interne qu’en externe, de l’autre, l’entreprise s’assure d’avoir les compétences nécessaires pour atteindre ses objectifs ».

Des enjeux encore plus importants dans le contexte covid actuel comme nous l’expliquent Attila Szekely, Directeur du Business Développement d’OpenClassrooms, et Cécile Jolly, cheffe de projet au département travail, emploi, compétences chez France Stratégie, dans une interview croisée.

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