Les salaires des non-cadres passés au crible

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29 Oct 2015

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Emploi

Les salariés non-cadres ont vu leur rémunération augmenter de 0,9% en moyenne au premier semestre 2015 par rapport au premier semestre 2014.
Leur salaire moyen s’élève à 1 556 € mensuels bruts, soit une hausse de 13 € sur cette période, selon le baromètre Randstad des salaires non-cadres.
Compte tenu de l’évolution de l’inflation, qui a été nulle (0%) sur les six premiers mois de l’année 2015, ce montant correspond également à leur gain de pouvoir d’achat sur un an.
Un gain pour le moins modeste. D’autant que, si les salaires des non-cadres sont de nouveau orientés à la hausse, leur rythme de progression continue de se tasser pour la quatrième année consécutive (+ 1,25% en 2014 ; + 1,8% en 2013 ; + 2,2% en 2012 et + 2,4% en 2011).
La (très) légère hausse de la rémunération des salariés non-cadres s’explique principalement par un contexte macroéconomique toujours contrasté au cours du premier semestre 2015.
Entre les perspectives de croissance de début d’année, qui annonçaient un rebond du PIB, et ses effets sur l’économie réelle, il existe un temps de latence incompressible. Le chômage, sur cette période, a d’ailleurs continué d’augmenter (+ 71 900 chômeurs de catégorie A entre juin et janvier 2015).
Aussi les salaires des non-cadres n’ont-ils bénéficié, en guise de coup de pouce, que de la seule revalorisation du Smic : +0,8% en janvier 2015, pour un montant de 1 458 euros.
re.sources passe au crible la septième édition du baromètre Randstad des salaires non cadres, une étude non déclarative qui s’appuie sur des salaires réels et constatés, extraits de 1,3 million de fiches de paie.

 

L’évolution des salaires non-cadres par statut

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Catégorie par définition hétérogène, les non-cadres connaissent des évolutions de leur rémunération qui laissent de nouveau entrevoir de fortes disparités selon les statuts. Ainsi, tandis que les ouvriers qualifiés et les employés avaient bénéficié des plus fortes hausses de salaire en 2014, cette année, ce sont les ouvriers qualifiés et non qualifiés qui ont cet honneur, avec des augmentations respectives de 0,9 % et 0,7 % sur les six premiers mois de l’année. Comme de coutume, les salaires moyens les plus élevés bénéficient aux professions intermédiaires (1774 euros, + 0,2 %sur un an) tandis que les ouvriers non qualifiés ferment la marche avec un salaire moyen de 1 521 euros, + 0,7 % sur un an).

 

Evolution des salaires non-cadres : le rôle du Smic

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Au premier semestre 2015, le salaire moyen des non-cadres au augmenté de 0,9 %. Cette hausse de salaire s’inscrit dans les pas de l’évolution du salaire minimum : + 0,8 % au terme de l’année 2014, pour un salaire mensuel brut de 1 458 euros bruts. Ce résultat apporte de l’eau au moulin des études qui, à l’image de celle déjà citée en 2014 , démontrent l’effet d’entraînement du Smic sur les salaires qui lui sont proches.

A 1 556 euros, le salaire moyen des non-cadres affiche un niveau de rémunération supérieur de 6,7 % par rapport au salaire minimum. Dit autrement, selon le baromètre Randstad, un salarié non-cadre gagne en moyenne 106,7 % du Smic – contre 106,6 % en 2014.

Au regard des résultats du baromètre Randstad, on constate en effet que les évolutions du Smic se répercutent sur les niveaux de salaire qui lui sont proches. Ainsi, professions intermédiaires mises à part, les salaires moyens des ouvriers non qualifiés, des ouvriers qualifiés et des employés progressent au premier semestre dans une fourchette comprise entre + 0,6 % et + 0,9 % sur un an. Soit à des niveaux extrêmement proches des 0,8 % de la revalorisation du Smic. La hausse de salaire des professions intermédiaires – qui parmi les non cadres bénéficient des salaires les plus élevés – à + 0,2 % apparaît en revanche davantage décorrélée de la progression du Smic.

Autre effet du salaire minimum, il apparaît que les salaires non-cadres sont fortement concentrés autour du Smic. Résultats à l´appui, les salaires des ouvriers (non qualifiés et qualifiés) et des employés au premier semestre 2014 représentent de 104,3 % (1.521 € bruts pour les ouvriers non qualifiés) à 107,9 % du salaire minimum (1.574 € bruts pour les ouvriers qualifiés). Ainsi, 12,6 millions de salariés en France ont un niveau de salaire compris entre + 4,3 % et + 7,9 % au-dessus du Smic.

 

L’évolution des salaires non-cadres par secteur

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Au premier semestre 2015, le BTP est comme de coutume le secteur le plus rémunérateur, avec un salaire moyen de 1.642 euros bruts, en hausse de 1,3 % par rapport aux six premiers mois de 2014. Une fois n’est pas coutume, il s’agit de la plus forte progression salariale, comparée aux services (+ 1,0 %) ou à l’industrie (+ 0,9 %). Si, année après année, le BTP demeure le secteur qui propose les meilleurs salaires aux non-cadres, c´est que nombre d’entreprises du bâtiment et de la construction font face à des difficultés de recrutement. Pourtant, à rebours de l’image qui leur est parfois prêtée, elles se distinguent notamment par la possibilité de faire carrière avec ou sans diplôme. Tout en bénéficiant donc de politiques salariales attractives.

 

L’évolution des salaires non-cadres par âge

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Alors qu’en 2014, les hausses de salaire les plus importantes avaient exclusivement bénéficié aux jeunes, cette année, deux catégories différentes les partagent les plus fortes revalorisations salariales. D’un côté, les 25/29 ans (+ 1 %) et à l’autre bout de l’échelle, les 50 ans et plus, également crédités d’une hausse de 1 %. Constatons, que quelle que soit la tranche d’âge considérée, les évolutions se concentrent sur une échelle comprise entre + 0,7 % (pour les moins de 25 ans) et + 1%.

L´évolution du salaire des non-cadres à travers le prisme de l´âge fait ressortir une faible progression de leur rémunération au cours d´une carrière. Le salaire moyen d´un non-cadre âgé de 50 ans et plus n´est supérieur que de 4 % à celui d´un non cadre âgé de moins de 25 ans. Dit autrement, un non cadre de 51 ans ne gagne en moyenne que 62 € de plus qu´un non cadre de 24 ans. Si ces moyennes, bien entendu, recouvrent des situations très différentes, elles traduisent cependant une courbe d´évolution salariale relativement plate, et non ascendante comme cela est souvent le cas chez les salariés cadres.

 

L’évolution des salaires non-cadres par sexe

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Alors que les hommes non-cadres vu leur fiche de paie davantage progresser que celles des femmes non-cadres en 2014 (+ 1,29 % pour les premiers contre + 1,14 % pour les secondes), les femmes reprennent l’avantage en 2015 : leur rémunération progresse de 1 % en moyenne, contre une hausse de 0,8 % en moyenne pour les hommes. Rien d’exceptionnel à cela : en 2012 et 2013, les femmes, selon l’étude Randstad, avaient déjà connu une revalorisation de leur fiche de paie plus importante que celle des hommes.

Les hommes continuent cependant de bénéficier d’un salaire moyen plus élevé que les femmes : 1 563 euros, soit 25 euros de plus que les femmes, soit un écart de 1,6 % en faveur des hommes. Il est important de souligner que cet écart s’inscrit en baisse pour la première fois en trois ans. En 2014, il était de 2 %, toujours au bénéfice des hommes, et de 1,7 % en 2013.

 

 

 

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