Entrez dans le jeu : ce que la gamification apporte aux RH 

gamification dans les RH bienvenue

Schneider Electric, EDF, PWC, Nestlé ou encore la Société Générale…Les plus grands groupes ont recours à la gamification dans leur process de ressources humaines. Une tendance qui prend de l’ampleur et qui permet aux entreprises d’attirer de nouveaux talents. 

Noter un restaurant, commander un Uber, récolter un bonbon sur une appli gps… la gamification est partout. Loin d’être un jeu à proprement parler, elle se définit comme l’utilisation du jeu dans un objectif autre que le divertissement. Elle repose sur les mécaniques du jeu et peut prendre des formes très diverses. Si elle s’étend à de plus en plus de secteurs, les grands groupes se l’approprient de plus en plus dans ses process RH. Car la gamification peut apporter beaucoup aux différents niveaux de l’entreprise.

« Il existe une vraie différence entre le jeu et le jeu pédagogique, estime Maureen Halbeher, responsable innovation chez Randstad. Dans ce dernier cas, le vrai apprentissage se fait a posteriori lorsque le collaborateur a réfléchi au retour d’expérience ».

Recruter, susciter l’engagement des collaborateurs, accompagner le changement, proposer des formations loin des traditionnels Powerpoint, améliorer l’efficacité des réunions de travail ou encore attirer de nouveaux talents, toutes les occasions sont bonnes pour parier sur la gamification. 

Agir sur les leviers de motivation

LinkedIn en est l’exemple parfait. Le réseau social professionnel propose un système de barre de progression motivant les inscrits à donner plus d’informations sur eux et un autre basé sur des badges pour booster les personnes à créer du contenu sur la plateforme. Aujourd’hui, à travers les réseaux sociaux, les gens sont de plus en plus habitués aux plateformes gamifiées. 

« Les interfaces gamifiées permettent à l’utilisateur de procéder par notation, de remporter des badges et d’évoluer dans un monde aux graphismes proches des codes des jeux vidéo, assure Anna Orosz, co-fondatrice de Collock, expert en escape game. Puiser dans les ressources des mécaniques du jeu permet d’agir sur les leviers de motivation des salariés ». Une aubaine pour des groupes comme Schneider Electric, Orange ou encore la Société Générale qui ont recouru à ce type de solutions. 

« La gamification fonctionne bien lorsqu’on reprend les codes d’un jeu très connu, assure Maureen Halbeher. Plus le principe est simple, plus on peut embarquer un maximum de personnes de tous les âges et de tous les horizons ». La responsable innovation de Randstad sait de quoi elle parle, puisqu’elle a développé en interne chez Randstad le jeu Ino, inspiré du célèbre Uno, où la richesse du partage et l’intelligence collective sont réunies pour faire émerger de nouvelles idées de la part des collaborateurs.  

Pour Dominique Mangiatordi, expert en gamification et fondateur de l’agence ØPP, qui évoque des réflexions intenses sur le sujet chez Toyota ou L’Oréal, « les groupes doivent chercher à éviter le côté gadget que peut sous-entendre le mot gamification ». Ce dispositif peut surtout leur apporter des solutions concrètes pour engager leurs salariés, présents ou futurs. Maureen Halbeher en est convaincue : « la gamification est de plus en plus demandée car les personnes accrochent bien et c’est un bon moyen pour l’entreprise d’engager davantage ».

De l’onboarding au recrutement

Car, si tout processus a vocation à être gamifié, l’onboarding l’est plus particulièrement aujourd’hui. Selon Dominique Mangiatordi, « l’onboarding constitue une étape intéressante pour gamifier, car les nouvelles recrues ont envie de se positionner très vite, dès leur arrivée, et de faire leurs premières preuves ». Pour les entreprises, proposer par exemple chaque vendredi pendant un mois des quizz sur l’entreprise aux nouveaux entrants permet à la fois de les engager dès le début dans la structure, tout en leur dispensant les essentiels à connaître. 

Pour Anna Orosz, « les entreprises sont prêtes à investir dans la gamification, parce qu’elles travaillent de plus en plus sur leur marque employeur et cherchent à attirer des talents. Parallèlement, elles sont aussi poussées par les jeunes générations très avides d’une motivation externe à ce qu’apporte l’entreprise en général ». 

Les formes que peuvent prendre la gamification sont très diverses et offrent un panel large aux entreprises. En matière de recrutement, PWC, Deloitte, Randstad ou encore la Société Générale ont eu recours à des escapes game pour recruter. Une manière selon eux de bien évaluer les soft skills. D’autres, comme le Crédit Mutuel, ont parié sur la gamification pour améliorer le recrutement par cooptation en interne grâce à l’application Hunterz, qui permet d’obtenir des informations sur le processus de recrutement de la personne proposée à la cooptation. Une solution qui améliore donc l’engagement des salariés et les poussent à proposer des candidats. 

Un atout pour le changement

En matière de conduite du changement, le groupe Schneider Electric a parié sur la gamification pour engager ses collaborateurs dans sa nouvelle stratégie RH. Au total, 2000 salariés de sa division Retail à travers le monde ont participé à un jeu digital collaboratif sur-mesure. Traduit en six langues, le jeu a été construit autour de quatre piliers et intégré au processus de sensibilisation des collaborateurs. « Ce type de proposition permet d’engager encore plus les salariés qu’un powerpoint traditionnel où ils sont passifs », assure Anna Orosz. 

Mais parfois, même des actions plus simples de management s’appuie sur les mécaniques du jeu. Dans l’entreprise de Dominique Mangiatordi, les plantes vertes n’étaient entretenues par personne. Grâce à la gamification, il a établi un concours sur un an. Chaque salarié possède deux plantes qui ont des noms et qu’il doit entretenir. Chacun doit envoyer des photos le vendredi sur un groupe commun. Le salarié qui a le mieux entretenu sa plante sur un an aura gagné. « Ce jeu concours qui ne coûte rien permet d’augmenter le lien social entre les salariés », assure-t-il. 

Reste qu’avant de gamifier, encore faut-il bien savoir pourquoi on souhaite le faire, souligne la responsable innovation de Randstad : « on ne gamifie pas pour se faire plaisir, mais bien pour donner du sens à un objectif ». 

L’avenir le dira, mais la gamification a un bel avenir devant elle, à en croire les experts. Pour Dominique Mangiatordi, « lorsque les jeunes générations seront à des postes en responsabilités, il devrait y avoir une vraie évolution pour faire bouger les choses ». Et même introduire un peu plus d’égalité dans l’entreprise, assure Maureen Halbeher : « la gamification permet d’introduire plus d’égalité dans l’entreprise, à travers des jeux où la parole est donnée à tout le monde, des femmes aux hommes, des timides aux plus bavards ». 

En attendant, Randstad s’engage aussi dans cette tendance, en faisant entrer autrement le gaming dans le monde du travail. Le groupe a investi ce marché porteur pour valoriser les métiers et compétences de l’e-sport et accompagner ce public dans leur parcours professionnel. Ou encore pour relooker la formation du personnel du Festival de Cannes via un plateau de jeu évolutif. Du jeu partout et toujours plus…

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