6 faits à propos de l’impact de l’IA sur l’emploi

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La crise du Covid accélère le recours à l’automatisation et à l’intelligence artificielle dans les entreprises, avec comme question centrale leur impact sur le monde du travail. L’OCDE offre quelques pistes de réflexion dans deux rapports, l’un intitulé L’impact de l’intelligence artificielle sur le marché du travail : que savons-nous jusqu’ici ? et un autre consacré à l’impact de l’automatisation sur les emplois. 

1 – L’intelligence artificielle booste la productivité et l’innovation

Les études citées dans les rapports de l’OCDE présentent l’intelligence artificielle comme une force révolutionnaire et transformatrice. Elle peut stimuler la production économique et la productivité, mais aussi booster l’innovation dans les entreprises. L’intelligence artificielle contribuerait ainsi à faire gagner 1,2% au PIB mondial par an d’ici à 2030 selon McKinsey. Accenture considère de son côté qu’elle permettra une augmentation de la productivité allant jusqu’à 38% dans certains pays. Ces études estiment que les éventuelles pertes d’emplois à court terme seront compensées par des créations de nouveaux emplois sur le long terme. 

2 – Automatisation ne signifie pas forcément destruction d’emploi

Contrairement aux idées reçues, l’automatisation des métiers n’entraîne pas forcément un chômage de masse. Pour preuve : l’emploi, toutes professions confondues, dans les pays de l’OCDE a progressé de 12% entre 2012 et 2019, alors même que l’automatisation de certains métiers s’est accrue. Au niveau national, les pays qui étaient confrontés à un risque global d’automatisation plus élevé en 2012 ont connu une plus forte croissance de l’emploi au cours de la période suivante (2012 à 2019). Aucun chômage de masse n’a donc été entraîné par l’automatisation. Comment l’expliquer ? Pour les économistes, l’automatisation favorise la productivité dans la quasi-totalité des métiers, générant ainsi une baisse du prix des biens et services. Cette baisse de prix stimule les marchés, ce qui encourage in fine l’emploi.

3 – Plus le risque d’automatisation est élevé, plus le développement de l’emploi est freiné

En 2018, l’OCDE a estimé que 14 % des emplois étaient à haut risque d’automatisation. Le risque d’automatisation est généralement plus élevé pour les professions de l’industrie manufacturière et de l’agriculture, mais certains services comme la logistique, les transports terrestres et les services alimentaires sont également confrontés à un risque élevé. Au sein des pays de l’OCDE, de vraies différences existent entre, par exemple, la Norvège où on estime que la part d’emplois à haut risque d’automatisation s’élève à 6,5% contre 34,6% en République slovaque.  

Malgré une croissance globale de l’emploi sur la période 2012-2019, l’emploi a progressé à un rythme plus lent (+6%) dans les professions qui étaient à haut risque d’automatisation que chez les professions à faible risque (18%). 

4 – L’intelligence artificielle automatise des activités, non des métiers

Les répercussions de l’intelligence artificielle doivent s’observer sous le prisme de la transformation et non de la destruction d’emplois, souligne l’OCDE. Car son adoption dans une entreprise entraîne le plus souvent un redéploiement des collaborateurs d’une tâche vers une autre. Les entreprises doivent donc se concentrer avant tout sur la redéfinition des activités associées aux postes de travail, plutôt que sur la suppression pure et simple de certains métiers. L’OCDE appelle à mettre cette question de la réorganisation au centre des débats, plutôt que de se concentrer sur l’automatisation complète des professions. En revanche, l’intelligence artificielle doit permettre également de créer de nouveaux emplois du fait des innovations qu’elle permet et de leurs retombées industrielles. 

5 – Créer des passerelles de compétences pour faciliter les transitions professionnelles

Face au développement de l’intelligence artificielle et de l’automatisation, les dirigeants d’entreprise doivent se concentrer sur la gestion des transitions professionnelles et veiller à ce que les salariés possèdent de nouvelles compétences. Les études démontrent que le changement technologique booste les résultats des collaborateurs et leur offre une perspective de développement sur de nouveaux métiers, en particulier pour ceux disposant de diplômes. 

Mais à l’inverse, le risque d’automatisation, accentué par la crise COVID-19, pèse de plus en plus sur les travailleurs peu qualifiés. Les dirigeants doivent donc accompagner cette main-d’œuvre vers une éventuelle transition professionnelle. 

6 – Se former à l’IA offre de nouvelles opportunités professionnelles

Plus que jamais, les travailleurs vont devoir se requalifier ou se perfectionner pour s’adapter aux changements induits par l’intelligence artificielle sur le marché du travail. Ne serait-ce que pour pouvoir profiter des nouvelles opportunités professionnelles. Ainsi, les offres nécessitant des compétences en intelligence artificielle proposent un salaire 11% plus élevé en moyenne 11% que celles sans ces exigences.

Ceci étant dit, les besoins des entreprises en spécialistes de l’intelligence artificielle dépendront de leurs stratégie de développement : créer des solutions en interne ou exploiter des services externes issus de l’IA. Car tous les nouveaux emplois engendrés par l’émergence de l’IA ne nécessiteront pas forcément de compétences spécifiques. Il y a des compétences humaines que l’IA ne peut pas reproduire (créativité, originalité, interaction sociale complexe ou encore gestion de l’incertitude), certaines applications ne se passeront pas d’une assistance humaine. 

Les employeurs sous-estiment souvent le désir des employés d’acquérir de nouvelles compétences liées aux nouvelles technologies. Pourtant, une majorité des employés interrogés considèrent qu’il est important de développer leurs propres compétences et sont motivés par cette idée.

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