Décryptage

Les rémunérations moyennes des salariés non-cadres par région en 2013

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Au premier semestre 2013, la rémunération moyenne d’un salarié non-cadre [1] en France s’élève à 1 521 euros brut mensuels, en hausse de de 1,8 % [2] sur un an.
Toutefois, cette moyenne cache des disparités régionales importantes. Près de 60 euros séparent par exemple la région Rhône-Alpes, la plus rémunératrice pour les non-cadres, du Limousin, qui ferme la marche.
Sur 21 régions étudiées, 9 se situent au-dessus de la moyenne, avec un salaire moyen supérieur à 1 521 euros.
Bien sûr, ces différentes performances salariales reflètent les évolutions contrastées des bassins d’emploi au cœur des régions.  Elles dessinent un portrait économique de la France tout en nuances, où atouts et faiblesses s’entremêlent.
re.sources se penche sur trois régions en particulier : Rhône-Alpes, le Nord-Pas-de-Calais et l’Aquitaine.

 

Rhônes-Alpes

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La rémunération moyenne d’un salarié non-cadre en Rhône-Alpes atteignait 1 550 euros brut mensuels au premier semestre 2013, en hausse de 1,5 % sur un an. La région affichait au deuxième trimestre 2013 un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale, selon l’Insee : 9,3 % de la population active contre 10,5 % en France. Cette bonne résistance de l’emploi régional dans un contexte conjoncturel pourtant difficile est le fruit d’un tissu industriel dense, tourné vers l’innovation et l’international.

C’est le cas en particulier de l’Isère. Ce département, le premier pôle de recherche publique français après l’Île-de-France, a accueilli cet été le lancement du plan « Nano 2017 », qui se traduira par un investissement industriel de 3,5 milliards d’euros d’ici 2017. L’objectif ? Affirmer l’Isère comme l’une des places-fortes mondiales en matière de microélectronique.

Les autres départements ne sont pas en reste. La Haute-Savoie abrite ainsi de nombreuses entreprises industrielles dont l’activité bénéficie du dynamisme de l’aéronautique ou des constructeurs automobiles allemands. Avec, à la clé, des rémunérations plutôt attractives. Dans l’Ain, les bassins d’emploi d’Oyonnax et du pays de Gex résistent également. Dans le premier cas, le secteur de la plasturgie tire parti de la bonne santé des acteurs de la cosmétologie tandis que dans le second, le BTP fait office de locomotive, en raison notamment du pouvoir d’achat des particuliers résidant dans les communes limitrophes de la Suisse. Le Rhône, enfin, bénéficie de l’attractivité de la métropole lyonnaise, où les grands groupes historiques du « couloir de la chimie » demeurent des employeurs incontournables, offrant des niveaux de salaires là aussi supérieurs au Smic.

 

Nord-Pas-de-Calais

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Au premier semestre 2013, un salarié non-cadre dans le Nord-Pas-de-Calais gagnait en moyenne 1 512 euros brut mensuels, en hausse de 2 % sur un an. La région se classe 14ème dans le palmarès des régions les plus rémunératrices pour les non-cadres.

Le taux de chômage dans le Nord-Pas-de-Calais atteignait au deuxième trimestre 2013 13,9 % selon l’Insee, largement supérieur à la moyenne nationale. Vieux bassin industriel, la crise a plus durement touché la région que d’autres territoires. Le Nord est cependant loin de tourner le dos à son histoire. Au contraire, il se réinvente un avenir où ce secteur tient une place de choix. En atteste la construction à Dunkerque du plus grand terminal méthanier d’Europe. Ce chantier est significatif à plus d’un titre. Non seulement il tire l’emploi local, surtout dans le BTP, mais il entérine la vocation de la ville comme un grand pôle dédié à l’énergie. Dunkerque pourra d’autant plus se positionner sur ce créneau qu’elle abrite, à Gravelines, la plus grande centrale nucléaire du continent.

Autre fleuron industriel régional, l’automobile. Bien que frappés par la crise qui touche ce secteur, les différents sites régionaux demeurent incontournables. Ils entraînent dans leur sillage, à la baisse comme à la hausse, une pléiade de sous-traitants qui maillent le tissu économique régional. Du coup, lorsque le marché de l’automobile repartira de l’avant, c’est toute la région qui en bénéficiera. Et notamment la métallurgie, implantée à Dunkerque.

Une autre preuve de la capacité du Nord-Pas de Calais à réinventer son histoire industrielle est fournie par les acteurs de la VPC, historiquement implantés dans la région. Alors que ces acteurs devaient en parti leur essor à une situation géographique très favorable, qui a fait du Nord un carrefour logistique européen de premier plan, ils ont dû évoluer sous l’effet d’Internet. Les Vépécistes veulent ainsi tirer parti de l’explosion du commerce en ligne pour transformer leur activité au profit des centres d’appel.

 

Aquitaine

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La rémunération moyenne d’un salarié non-cadre en Aquitaine s’élevait au premier semestre 2013 à 1 514 euros brut mensuels, en hausse de 1,8 % sur un an. La région se classe ainsi 12ème.

Au deuxième trimestre 2013, le taux de chômage en Aquitaine atteignait 10,3 % selon l’Insee, très légèrement inférieur à la moyenne nationale. La région, et tout particulièrement la Gironde, peut compter sur le dynamisme du BTP. Ce secteur est notamment porté par une politique de grands travaux initiée à la suite des investissements d’avenir en 2010. Citons, à titre d’exemple, le projet de LGV entre Tours et Bordeaux, l’un des plus grands chantiers d’Europe. Il se traduit dans la région bordelaise par la construction de nombreux ouvrages d’art (terrassements, ponts, viaducs, etc.). Par ailleurs, la ville de Bordeaux est engagée dans la construction d’un nouveau stade de football, qui devrait être terminé en 2015, un an avant la tenue en France de l’Euro 2016. Ce cycle de grands travaux a par ailleurs inclus la construction, achevée aujourd’hui, du pont Jacques-Chaban-Delmas, le plus grand pont levant d’Europe.

Mais la région compte aussi dans ses rangs la filière aéronautique, avec plusieurs donneurs d’ordre et de nombreux sous-traitants. Si l’aéronautique en Gironde reste un secteur porteur, elle demeure cependant soumise à des variations cycliques importantes. Bien sûr, la région est en outre un pôle de viticulture-viniculture incontournable, même si l’emploi dans ce secteur est souvent suspendu aux conditions climatiques, moins favorables cette année. Le caractère rural de la région se retrouve enfin dans le secteur de la sylviculture, où les industriels, près de quinze ans après la tempête Klaus,  sont toujours engagés dans la recherche tous azimuts de débouchés pour leurs stocks.

 


 

 

[1] Chiffres extraits du baromètre Randstad 2013 des salaires non-cadres. Les salariés non-cadres regroupent 5,4 millions d´ouvriers (qualifiés et non qualifiés), 7,3 millions d´employés ainsi que 6 millions de professions intermédiaires. 

[2] Cette hausse doit être interprétée à la lumière de la progression du salaire minimum : + 2 % au terme de l’année 2012. Une revalorisation à laquelle il faut ajouter l’augmentation légale du 1er janvier 2013 (+ 0,3 %, soit 1.430,22 € brut mensuels).

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