L'oeil startup

OurCompany, champion de la HappyTech

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Portrait
Stéphane Bourbier
CEO chez OurCompany

Stéphane Bourbier en est convaincu. Il sait, d’expérience, qu’améliorer la culture d’une entreprise passe d’abord et avant tout par ses propres collaborateurs. Leur permettre de s’exprimer librement, c’est la possibilité de dégager des pistes d’amélioration. C’est sur ce postulat de départ que cet entrepreneur heureux a décidé de lancer cette application d’un genre nouveau. Tentons d’en savoir plus en interrogeant directement Stéphane Bourbier, qui, grâce à OurCompany, a associé quête de sens et aventure entrepreneuriale.

 

 

Pourquoi, après un parcours entrepreneurial diversifié, avoir choisi de vous lancer dans l’aventure OurCompany ?

Tout part d’une conviction simple : pour moi, le bien-être au travail devrait constituer un droit fondamental pour tous les salariés. Cela ne peut pas être simplement la cerise sur le gâteau ! Or, il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte qu’énormément de professionnels souffrent au quotidien et que l’environnement de travail est plus ou moins agréable selon les entreprises. Je me suis alors demandé si le fait, pour un candidat, de connaître le bien-être général des salariés d’une entreprise, pouvait l’amener à reconsidérer sa candidature. Voire même si cela pouvait également influer sur le choix d’un consommateur. Pour moi, la réponse est claire : oui bien sûr ! Le fait de rendre public l’indice de bien-être des entreprises peut conduire les agents économiques, candidats et consommateurs en particulier, à réévaluer leur relation à une entreprise. Et dans le bon sens !

Cette conviction profonde, je l’ai confrontée en parallèle avec une étude menée par le fonds d’investissement Happy@Work, selon laquelle les entreprises accordant une importance toute particulière à la valorisation de leur capital humain surperformaient leur indice de référence. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre.

 

Quelle est la proposition de valeur de OurCompany au sein de la HappyTech ?

Notre point de départ, c’est de dire que toutes les démarches top-down, à l’initiative des entreprises elles-mêmes, ne fonctionnent pas suffisamment. En cause : une certaine défiance des collaborateurs mais aussi le fait que trop souvent, si on leur demande un feedback, ce dernier n’est pas nécessairement suivi d’effet. D’où un caractère bien souvent déceptif…

Dans notre cas, aucun risque ! Pourquoi ? Simplement parce que notre approche est intégralement centrée sur le salarié utilisateur. C’est à lui d’être moteur de la transformation de son entreprise. Contrairement à nos confrères de la HappyTech, OurCompany s’adresse donc directement et uniquement à eux. Elle constitue une solution bottom-up d’empowerment des équipes, dans un écosystème ouvert et transparent. Si, in fine, l’équipe RH peut accéder à un tableau de bord alimenté en temps réel par les contributions de leurs salariés, il n’est que la résultante de l’addition de multiples prises d’initiative individuelles.

 

Justement, de quelle manière l’application est-elle alimentée par les salariés ?

Nous avons mis en œuvre une approche sous-tendue par 4 principes clés. La transparence d’abord : tout ce qu’exprime un salarié doit pouvoir être rendu public et en temps réel. Deuxième pilier : une parole libre et anonyme. Un salarié doit pouvoir exprimer le fond de sa pensée, sans aucune réserve, autre que le respect d’autrui. C’est pour cela que, par défaut, les contributions sont anonymes. Troisième élément : l’entraide et la collaboration : nos forums permettent aux salariés d’échanger, de soulever des problèmes et d’y apporter des solutions. Enfin, la bienveillance y est non seulement encouragée mais récompensée. Chaque contribution d’un salarié à cet écosystème est rétribuée sous la forme de Smiles, convertibles en dons ou cadeaux. Le 1er constat que l’on peut faire, c’est que le simple fait de pouvoir s’exprimer librement constitue déjà, en soi, un réel bénéfice pour les salariés qui sont inscrits sur notre plateforme.

 

Et les entreprises dans tout ça ?

Nous leur proposons tout simplement d’agréger les données issues de leurs collaborateurs afin de connaître en temps réel le moral de leurs troupes. De quoi leur permettre de localiser en temps réel les équipes victimes de mal-être ou, a contrario, quand elles vont bien, d’identifier des bonnes pratiques à dupliquer ou adapter ailleurs. Notre business model est d’ailleurs extrêmement lisible : nous facturons 3€ par salarié et par mois.

Par ailleurs, les salariés eux-mêmes peuvent tout simplement choisir de parrainer leurs managers ou responsables des ressources humaines. De quoi leur permettre de sonder en permanence l’état de bien-être de leurs équipes… et de participer à la discussion !

 

Vous êtes aujourd’hui hébergé à STATION F. Quel avenir envisagez-vous pour la HappyTech française ?

D’abord, nous sommes ravis d’avoir intégré cet écosystème de l’innovation unique au monde. Cela nous permet en particulier d’échanger plus rapidement avec de grands groupes. Plus généralement, je pense que l’on peut s’enorgueillir de la vitalité de l’écosystème de start-ups en France sur le thème du bien-être au travail. C’est pour fédérer cet écosystème, certes embryonnaire, et permettre à nos start-ups de devenir des scale-up, que nous avons lancé avec nos confrères, en juin dernier, le collectif HappyTech. L’une de nos priorités désormais, c’est notamment d’embarquer la fonction publique et le secteur associatif. Ils doivent en toute logique être à la pointe de ce nouveau combat.

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