Décryptage

L’impression 3D, une technologie de rupture pour l’emploi ?

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Pouvoir imprimer un avion tout entier comme on imprimerait un billet de train ? Ce qui, il y a 40 ans, relevait de l’imagination est aujourd’hui en passe de devenir réalisable grâce à l’impression 3D, aussi nommée fabrication additive.
A l’origine conçue pour prototyper des produits, cette forme d’impression connaît depuis peu une croissance exponentielle, et laisse présager des bouleversements industriels et économiques immenses.  

La fabrication additive concerne tous les matériaux, des résines au titane, de l’or aux alliages composites, des tissus vivants à l’alimentation, des circuits électroniques intégrés dans des objets à des textiles ou de l’habillement, de la lunetterie à la joaillerie, du prototype au moule et à la pièce finie, etc. Si les particuliers peuvent y voir de réels avantages, inutile de préciser que les industriels, quel que soit le secteur, ont déjà compris l’utilité qu’ils pouvaient faire d’une telle technologie. De nombreuses pièces détachées sont d’ailleurs déjà fabriquées de cette manière dans l’automobile et l’aéronautique. Certains voient plus grands : une société chinoise a, par exemple, déjà construit 10 maisons en une seule journée grâce à cette technique. Mais nous n’en sommes qu’au commencement.

Une technologie de rupture

L’ensemble des procédés de l’impression 3D recoupe de nombreuses technologies distinctes dont le seul point commun est de créer des objets en ajoutant de la matière (additive manufacturing) au lieu d’en retirer (usinage). L’impression 3D remet en question le design industriel des produits, leur usage, la longueur des séries, la « customisation », la capacité de réparer des produits afin de rallonger leur durée de vie, ou encore le lieu de production. Les fichiers des pièces seront disponibles au téléchargement et produites dans des usines de fabrication numérique locales, accessible par tous. Si cette nouvelle réjouit les consommateurs, les industriels peuvent la redouter tant elle est peut créer des « disruptions » majeures tout au long de la chaîne de valeur, au point de mettre de nombreux business models en danger.

Selon le Wohlers Report 2014, le domaine de l’impression 3D pourrait engranger 12,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018, pour aller jusqu’à 21 milliards en 2020. Ainsi, sa croissance serait démultipliée grâce à la démocratisation des modèles d’imprimantes et de scanners 3D bon marché mis en accès libre auprès des consommateurs, dans des laboratoires de fabrication numérique par exemple.

L’emploi et les compétences repensés

Comme toutes les grandes disruptions de notre époque, à l’instar de la robotique, du Big data, des objets connectés ou encore des smartphones, l’emploi va être fortement impacté.  Les visions les plus alarmantes concernant l’impression 3D font part d’une destruction massive d’emploi due à l’autonomie que chaque consommateur pourrait acquérir.

Si de nombreux métiers vont effectivement disparaître avec la normalisation de cette technique d’impression, de nouveaux vont émerger notamment dans le design, l’animation 3D, ou le développement web. La répartition des savoir-faire va être profondément changée. Certains vont devenir obsolètes, d’autres vont devenir essentiels. Le véritable enjeu de l’impression 3D est donc le renouvellement des compétences. La France a tout intérêt à devenir un acteur de pointe sur ces sujets alors que l’impression 3D apparaît comme un réel défi de société dans les années à venir.

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