Décryptage

Les nouveaux modes de travail à l’ère du digital

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L’émergence et la démocratisation des nouvelles technologies ont considérablement modifié notre rapport au travail. Ainsi, les années 1990 ont vu le processeur délester les employés de tâches répétitives et l’email, petit à petit supplanter le fax.
Depuis, la numérisation de la vie professionnelle s’est étendue jusque dans les relations entre les individus. Ainsi, la vidéo conférence est aujourd’hui devenue monnaie courante et le télétravail entre doucement dans les habitudes des entreprises.
Accéder à l’information en temps réel, pouvoir se connecter sans contrainte de lieu, de temps ou d’équipements (« any time, any where, any device » ou ATAWAD) permet aux salariés une liberté de mouvement inédite et de nouvelles opportunités de collaboration.
Alors que les lignes bougent, de nouveaux modes d’organisations du travail émergent. Revue des tendances qui d’exception, pourraient devenir la norme demain.

 

Mobilité et collaboration, pierres angulaires de la digitalisation

La première mutation est d’importance, car elle bouleverse les structures traditionnelles de l’entreprise. La digitalisation des modes de travail met fin au bureau unique au profit de la mobilité et privilégie le travail collaboratif au dépend de l’ancien modèle en silo.

Ainsi, la mobilité s’explique par l’effacement progressif des espaces de travail, qui sont amenés à laisser place aux « styles de travail » afin que chacun puisse adopter un mode de travail compatible avec son style de vie. Les organisations qui jouent le jeu, font le pari que, dans un espace plus stimulant, le salarié sera plus efficace. Une efficacité potentiellement renforcée par le collaboratif, tenant du hasard des rencontres ou finement organisé, mais toujours synonyme de décloisonnement des disciplines et de hauteur de vue.

Ni bureau, ni maison, mais des tiers-lieux

C’est la deuxième tendance liée aux nouveaux modes de travail à l’heure du digital : les collaborations entre travailleurs se déroulent de plus en plus dans des « tiers-lieux ». Notion introduite en 1989 par le sociologue américain Ray Oldenburg pour désigner des lieux ne relevant ni du domicile, ni du travail (cafés, librairies, bars), les tiers-lieux permettent des rencontres dans un cadre convivial et accessible, créateur de liens. Par extension, le terme de « tiers-lieux de travail » renvoie aux nouvelles alternatives d’espaces de travail. Celles-ci sont proposées à des professionnels de plus en plus mobiles, entre le domicile et le bureau traditionnel, permises grâce à la massification des nouvelles technologies de l’information et de la communication.

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Sous l’appellation tiers-lieux sont également regroupées de nombreuses initiatives comme les fablabs, les hackerspaces ou encore les techshops… Mais, en réalité, tous ces espaces on comme point commun d’être des espaces de Coworking, que l’on définit comme des tiers-lieux ayant quatre dimensions principales : économique (une capacité à générer du revenu) ; socioprofessionnelle (un lieu de référence où les professionnels d’un même domaine peuvent se rencontrer, échanger et travailler) ; culturelle (un lieu où certains principes et certaines valeurs d’ouverture, de partage sont mis en avant) ; territoriale et spatiale (un lieu inscrit sur un territoire, qui favorise les rencontres hasardeuses et non-linéaires).

Si les pratiques de nomadisme ont produit une première génération «sauvage» de tiers lieux (cafés, gares, lobbys d’hôtels…), offre et demande se structurent depuis quelques temps. L’Île-de-France occupe la première place en nombre d’espaces de coworking, suivie de près par la région Rhône-Alpes. Ainsi, pour mi-2015, on dénombre environ 250 espaces de Coworking en France. Les plus emblématiques se nomment Numa dans le Silicon Sentier à Paris, l’Usine à Belfort, le réseau de la Cantine à Toulouse ou encore La Cordée à Lyon. Certaines entreprises se lancent aussi sur le créneau, à l’image d’Orange avec La Villa Bonne Nouvelle ou de Generali avec son BeeoTop.

 

Le corpoworking pour stimuler l’innovation

De plus en plus de grandes entreprises proposent de louer leurs espaces inoccupés, dans le but de développer plus de transversalité en interne mais aussi de faire en sorte que ces lieux soient ouverts à des équipes externes. De fait, ce type d’ouverture s’applique aussi bien à des structures que l’entreprise connaît à force de collaboration, autant qu’à d’autres plus extérieures, afin de stimuler l’« open innovation », souvent bridée à cause de processus lourd dans les grands groupes. On parle alors de corpoworking  (« mes locaux pour coworking, contre ton regard neuf »). En cela, les espaces de corpoworking peuvent fournir une aide précieuse. En revanche, si beaucoup d’entreprises ont la capacité de créer ce type d’espace, toutes ne peuvent pas faire preuve de la même ouverture, en fonction de problématiques de confidentialité et de partage lié à la culture de l’entreprise. C’est pourquoi dans beaucoup de cas, nombre d’entreprises commencent par initier un projet en interne avec la volonté de l’ouvrir peu à peu à l’extérieur. Ce qui est recherché avant tout, c’est le brassage entre les différentes visions et les différentes manières de fonctionner.

 

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