Les chatbots, nouvelles forces vives du recrutement ?

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Très prisés des retailers depuis deux ans pour améliorer la relation client, les chatbots ou robots conversationnels débarquent aussi dans le monde des RH et notamment dans le recrutement.

 Les ressources humaines n’échappent pas à la tendance de l’intelligence artificielle. Et avec elle les chatbots investissent progressivement le domaine pour améliorer l’expérience candidat, faciliter le travail du recruteur et parfaire l’image de l’entreprise, vue comme innovante.

Grâce à une conversation menée avec les candidats, il permet d’alléger la tâche des recruteurs en répondant aux questions les plus simples et les plus fréquentes des candidats. Les employeurs peuvent alors se concentrer davantage sur l’entretien et les relations humaines (analyse de la personnalité, fonctionnement du groupe…).

« Nous sommes sollicités pour créer des chatbots pour des entreprises qui souhaitent automatiser le processus RH en déléguant la préqualification pour se concentrer surtout sur l’aspect humain, précise Thomas Guenoux, co fondateur de Yelda et Oh my Bot. Mais aussi par celles qui par ce biais espèrent toucher des candidatures plus jeunes et plus réceptives aux nouveaux moyens de communication interactifs »

 

Améliorer le sourcing

Et pour cause : grâce au chatbot, les candidats obtiennent facilement et à toute heure des réponses à environ 80% de leurs interrogations sur l’entreprise ou le poste convoité. « Les 20% restants sont des questions moins fréquentes, plus ambiguës ou plus spécifiques, auxquelles le chatbot n’est pas capable de répondre. Il renvoie alors vers l’humain », précise Jean-Baptiste Audrerie, chef de transformation chez Horizon RH et auteur du blog Futurs Talents.

Pour l’heure, le chatbot de recrutement reste peu développé, mais les entreprises sont nombreuses à l’envisager, pour améliorer le sourcing. « Seules celles qui auront des volumes importants de questions de candidats, qui seront en capacité de les identifier et d’y répondre, pourront utiliser efficacement un chatbot dont la vocation sera bien ciblée et expliquée aux utilisateurs », précise Jean-Baptiste Audrerie. Les usages les plus fréquents sont la consultation et le matching d’offres d’emplois et les questionnements autour de l’entreprise ou du poste convoité.

 

Des robots de plus en plus intelligents ?

Parmi les entreprises qui les utilisent déjà, celui de 3X Consultants permet au candidat de vérifier s’il est “compatible” avec la culture de l’entreprise. Si le test est concluant, le candidat peut laisser ses coordonnées pour un entretien vidéo différé.. Chez Randstad, c’est le robot Randy qui permet de pré-qualifier les candidats en leur faisant passer des tests métiers et de personnalité. Le groupe Vinci estime que plus de 1000 conversations ont été effectuées avec leur chatbot et que les consultations d’offres d’emplois ont bondi de 18% grâce à ce canal.  Sam, le « Super Ascenseur Mazars », répond à des questions sur l’agence, trouve des offres d’emploi ciblées, mais surtout délivre des conseils aux candidats pour la réussite des entretiens.  Le tout sur un ton décalé.

« Les premiers chatbots mis en ligne sont assez décevants car très mécaniques et manquent de souplesse, assure Jean-Baptiste Audrerie. Mais les entreprises doivent se placer dans une démarche d’amélioration continue des process pour aller vers des robots plus intelligents, capables de comprendre le langage naturel ».

Quitte à les laisser mener des entretiens et réaliser des embauches ? Pas encore ! « Le chatbot pourra être en mesure d’évaluer les compétences d’un candidat, mais pas de savoir s’il aimera travailler dans l’univers du groupe, ni s’il sera bien en adéquation avec sa future équipe, souligne Thomas Guenoux. L’intervention humaine trouve encore toute sa place, mais se recentre sur cette partie du recrutement ».

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