Décryptage

Le télétravail séduit les Français

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La vie de bureau ne serait-elle pas bientôt qu’un lointain souvenir ?
Alors que les frontières d’espace et de temps sont abolies un peu plus chaque jour grâce aux nouvelles technologies, les salariés Français se prennent à rêver de pouvoir travailler depuis chez eux. C’est ce que révèle une étude menée par Randstad. Enquête.

 

Les employeurs vont devoir tenir compte de cette nouvelle attente : 64 % des salariés interrogés souhaitent pratiquer le télétravail. Tirant sa force des nombreux avantages qu’elle offre, cette forme de travail qui permet d’exercer son activité professionnelle de son propre domicile, connaît un engouement sans précédant auprès des 18-65 ans.

 

Les raisons de ce succès ?

Le travail à domicile est apprécié pour le champ d’organisation qu’il laisse à chacun : horaires, déplacements, organisation du temps de travail… Cette autonomie permet d’équilibrer vie privée et vie professionnelle. Elle est également perçue comme un gage de confiance entre l’employeur et son collaborateur. Ces bienfaits sont une source de motivation forte pour le salarié, également favorisée par la concentration dont il bénéficie à son domicile. Enfin, le télétravail apparaît également comme un facteur de bien-être. Alors que les Français mettent en moyenne chaque matin 26 minutes à se rendre au bureau, avec des disparités importantes en fonction des régions, exercer sa profession depuis chez soi permet de supprimer un temps de trajet chronophage et très souvent source de stress.

 

Tout est question d’équilibre

Si l’engouement pour le télétravail des salariés français est élevé, celui ci ne doit pas être appliqué à l’extrême selon eux. En effet, alors que la majorité des personnes interrogées (64 %) souhaitent télétravailler, elles ne sont que 12 % à vouloir le pratiquer durant l’ensemble de leurs jours ouvrables, c’est à dire 5 jours par semaine. En revanche, elles sont 35 % à exprimer la volonté d’y recourir de manière occasionnelle, en moyenne 2,5 jours par semaine. En effet, malgré les nombreux atouts du télétravail, exercer sa profession dans un environnement de travail classique permet de créer un lien social entre les différents acteurs de l’entreprise. Cette interaction participe à la fois à la construction d’un sentiment d’appartenance, mais aussi favorise la circulation de l’information. Ces deux notions sont nécessaires à l’alimentation de la motivation des employés.

 

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Le défi réside donc dans l’harmonie entre jours télé-travaillés, et temps passé au sein des bureaux. Les salariés formulant eux-mêmes cette volonté d’équilibre.

 

Qu’en est-il du côté des employeurs ?

Malgré une demande élevée, les employeurs semblent assez peu réceptifs aux aspirations de leurs salariés. En effet, toujours selon l’étude, seuls 16 % des entreprises offrent la possibilité à leurs collaborateurs de travailler depuis leur domicile.

 

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Ce faible score s’explique notamment par la crainte des employeurs et managers de perdre le contrôle sur l’activité de leur salarié.

Il est possible également d’attribuer la réticence des employeurs à des facteurs culturels. Les salariés Français portent à croire que ne pas être présent physiquement au travail empêche le bon accomplissement des objectifs et constitue un frein à leur carrière. L’organisation type d’une entreprise française étant marquée sur le plan pyramidal et hiérarchique, il semble encore difficile pour le moment de la concilier avec la mentalité du télétravail.

Il s’explique aussi par les contraintes réglementaires et juridiques qui peuvent apparaitre comme autant d’obstacles aux chefs d’entreprise : consultation des partenaires sociaux, négociation d’un accord, signatures des avenants au contrat de travail, équipements informatiques spécifiques…

Enfin, et de façon évidente, toutes les professions ne peuvent profiter de cette nouvelle forme de travail, puisque de nombreux métiers, notamment dans la construction ou l’industrie nécessitent une présence physique obligatoire.

Pourtant, les employeurs vont devoir rapidement prendre en compte cette aspiration, car, selon une étude récente, les travailleurs les plus engagés sont aussi les plus satisfaits de leur lieu de travail, et inversement. Mieux, d’après une étude du cabinet Greenworking, la productivité des télétravailleurs est évaluée comme étant 22 % supérieure à celle des salariés fixes. Les employeurs auraient donc beaucoup à gagner à faire du télétravail un atout de leur politique interne.

 

Bientôt tous des Sans Bureau Fixe ?

Si les salariés souhaitent télétravailler, le domicile ne peut être considéré comme l’unique bureau de demain. Ces dernières années, de nouveaux lieux de travail ont vu le jour. Les espaces de co-working notamment, répondent à un besoin de nomadisme, tout en garantissant un cadre de travail convivial et des rapports sociaux avec d’autres actifs.

Mieux, un nouveau type de travailleur a vu le jour : le digital nomade. Souhaitant concilier sphère privée et professionnelle sans en sacrifier une en faveur de l’autre, et friands de mobilités, les générations Y et Z ont ouvert la voie à cette nouvelle forme de travail.

Sans aucune limite géographique, les digital nomades remplissent désormais leurs missions professionnelles d’une plage de Thaïlande une semaine, puis de la ville de Buenos Aires durant celle qui suit. Synonyme de liberté, cette nouvelle manière de travailler tout en voyageant a déjà séduit énormément de jeunes travailleurs, qu’ils soient freelances ou salariés.

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