Décryptage

Le e-commerce, une révolution créatrice d'emplois

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Dans un contexte économique moribond où les mauvaises nouvelles se succèdent, un pan tout entier de l’économie garde la tête hors de l’eau, et arbore fièrement une croissance à deux chiffres.
Le commerce électronique a le vent en poupe et il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Ce boom économique fait les affaires du marché de l’emploi avec une croissance des effectifs du secteur de plus de 13 % en 2014, selon la Fédération E-commerce et Vente à Distance (Fevad).
Et à l’approche des fêtes de fin d’année, c’est tout un secteur qui se sent pousser des ailes.
re.sources analyse la révolution e-commerce.

 

Si la vente à distance a toujours existé, le e-commerce a largement contribué à révolutionner les comportements d’achats, les techniques de vente ainsi que les processus d’acheminement des marchandises. Avec 33,8 millions d’acheteurs et plus de 600 millions de transactions en 2013, le doute n’est plus permis quant à l’essor du commerce électronique en France.

Comme nous l’évoquions précédemment sur re.sources, de nombreuses créations d’emploi sont prévues au cours des prochaines années dans les secteurs de la vente et du développement Web et Mobile. Le dénominateur commun à ces évolutions sectorielles semble poindre au cœur de la filière du e-commerce.

Les besoins du secteur de la vente en ligne en matière de développement Web et de traitement de données représentent une hausse de 58 % des profils de développeurs et 45 % d’analystes. Pour bien comprendre ces augmentations, il suffit de revenir sur l’impact des leaders du commerce électronique en termes de stratégie et d’innovation. En effet, les grands noms du e-commerce ont construit leur succès sur le développement Web et le traitement de données afin de mettre en place des algorithmes et des systèmes de recommandations pour mieux prévenir la demande, gérer les stocks de façon géolocalisée ou encore optimiser les campagnes marketing et les taux de conversion en proposant des sites e-commerce toujours plus centrés sur le parcours et l’expérience de l’utilisateur.

Cette hausse des besoins en recrutement ne se limite pas à la dimension numérique du secteur puisque l’ensemble des pôles métiers prévoit d’importantes créations de postes : +36 % pour les métiers de la vente, +30 % concernant la relation client et +27 % de recrutement pour les départements marketing et promotion. Ces perspectives d’embauche qui concernent 70 % des acteurs du e-commerce selon la FEVAD se font l’écho des 12 000 postes créés en 2012, pour un total de 87 000 emplois en 2013.

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Une croissance exponentielle pour un secteur en mouvement.

Le nombre important de recrutements dans le secteur du e-commerce est en phase avec l’augmentation du nombre de sites marchands actifs dont 138 000 sont aujourd’hui référencés dans l’Hexagone. Le chiffre d’affaires du secteur de la vente en ligne, en hausse constante depuis 10 ans, a continué à progresser en 2013 de 13,5 % pour un chiffre d’affaires de plus de 51 milliards d’euros toujours selon la FEVAD. Alors que 59 % des Français ont eu recours au commerce en ligne pour effectuer des achats en 2013, on constate une légère baisse (-3,5 %) du panier moyen, qui avoisine désormais 84,5 € par transaction. A l’année, la dépense moyenne par acheteur atteint 1515 €.

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Cependant, le comportement des acheteurs, de même que le positionnement des marchands, ne cessent d’évoluer. Alors que nous distinguons les spécialistes du e-commerce – aussi appelés « pure players » –des distributeurs classiques, devenus au fil du temps des enseignes dites « click & mortar », ces dernières tirent enfin profit de leurs investissements dans le multicanal. En effet, d’après une étude du cabinet PwC, 35 % des clients sur Internet ont acheté dans des magasins au moins une fois par semaine en 2014, contre 24 % en 2013.

Une donnée de l’enquête montre que 63 % des Français vont sur Internet avant d’acheter dans les magasins. Les distributeurs classiques ont alors adopté les innovations technologiques des « pure players » du e-commerce, tout en rendant les magasins plus attractifs. Carrefour passe ainsi à la première place du classement des enseignes « click & mortar », alors qu’il était à la sixième place il y a trois ans, derrière La Fnac et Leclerc notamment.

 

La logistique, maillon fort de la vente en ligne.

Le succès du commerce en ligne réside essentiellement dans la rapidité et l’apparente simplicité des transactions sur Internet car, outre la baisse des coûts qu’induit l’absence de magasin physique, c’est la souplesse et la réactivité des échanges qui séduit particuliers et professionnels. La promesse du e-commerce dépasse le seul cadre du produit, et doit veiller à fournir des prestations de qualité pour s’installer durablement comme une référence dans un secteur encore jeune. Les services logistiques et transports, qui prennent en compte la transparence de l’information, l’état des stocks, la livraison, la fiabilité et le service après-vente, constituent une clef évidente de la réussite de toute entreprise de vente en ligne.

 

Les opportunités de carrière dans les filières logistiques sont d’autant plus importantes aujourd’hui qu’il existe de nombreuses approches, internalisées ou externalisées. La taille et le nombre de commandes générés peuvent conduire certains acteurs de la vente en ligne à internaliser leur logistique comme Amazon ou Cdiscount, qui sont à la fois cybermarchands et e-logisticiens puisqu’ils gèrent eux-mêmes la commercialisation, la préparation et l’envoie des commandes. Pour autant, les grands acteurs de la e-logistique et de la logistique généraliste tels que Geodis, Groupe GT ou Crosslog, occupent toujours une place prépondérante sur la problématique du transit des marchandises. On remarque enfin que, malgré une forte concurrence dans le secteur de la distribution, de nombreux acteurs trouvent leur place autour des géants que sont La Poste, UPS mais aussi Mondial Relay ou la Sogep.

Les opportunités de développement et de différenciation font la part belle à l’innovation dans le secteur du Transport et de la Logistique, en recherche croissante de collaborateurs, et qui représentent selon Pôle Emploi 5,1 % de l’emploi total en France. D’ici 2020, l’optimisation des flux, la performance des systèmes d’information, la gestion des coûts logistiques, mais aussi les contraintes environnementales toujours plus importantes, devraient créer 94 000 nouveaux emplois auxquels s’ajouteront annuellement le renouvellement d’environ 7000 postes de conducteurs routiers. La révolution e-commerce ne fait donc que commencer.

 

 

 

 

 

 

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