Décryptage

En 2016, la compétitivité des entreprises en France progresse légèrement

Image

Alors que le redressement de la compétitivité de l’économie française est au centre des réformes engagées depuis 2012, Randstad Inhouse Services, filiale du groupe Randstad France spécialisée dans les agences hébergées, s’est penchée dans une étude sur la compétitivité des entreprises françaises d’au moins 100 personnes.
Selon ce baromètre, une entreprise française sur trois (33 %) estime que sa compétitivité a progressé en 2016 par rapport à 2015. A l’inverse, 7 % d’entre elles jugent qu’elle s’est dégradée, soit une proportion presque cinq fois plus faible. Un signe que la conjoncture s’améliore ?

 

Les signaux du décrochage de la compétitivité française depuis le milieu des années 2000 sont bien identifiés. Ils se voient principalement dans le déficit récurrent de la balance commerciale depuis 2004 et le recul continu de la part des exportations françaises de biens et services dans les exportations de la zone euro, passée de 17 % en 2000 à 13,4 % en 2015, selon des chiffres de COE-Rexecode, un institut de conjoncture.

A cet égard, l’année 2016 n’annonce-t-elle pas l’amorce d’un retournement de tendance ? C’est ce que pourraient laisser penser les résultats de la première édition du baromètre Randstad Inhouse Services de la compétitivité RH.

Selon cette enquête, réalisée par OpinionWay auprès d’un panel représentatif des établissements français d’au moins 100 salariés, la part des entreprises qui ont constaté une amélioration de leur compétitivité en 2016 par rapport à 2015 (33 %) est beaucoup plus importante que celle des entreprises ayant enregistré une dégradation (7 %). La compétitivité est certes restée stable pour une majorité (57 %) d’entreprises  interrogées, mais, au final, neuf entreprises sur dix (90 %) ont soit vu leur compétitivité progresser ou alors se stabiliser. Il s’agit au pire d’un coup d’arrêt à la détérioration de la compétitivité de l’économie hexagonale, au mieux d’une amélioration relative.

Si l’on considère les résultats dans le détail (par taille d’entreprise et par secteur), deux faits marquants apparaissent.

Les entreprises comptant 500 salariés et plus sont 12 % à juger que leur compétitivité s’est nettement dégradée en 2016 sur un an, soit une proportion très supérieure à l’ensemble des entreprises interrogées toutes tailles confondues (2 %).

Ensuite, les entreprises relevant de l’industrie sont les moins nombreuses (29 %) à estimer que leur compétitivité a progressé en 2016 par rapport à 2015.  La moyenne tous secteurs confondus est de 33 % et, à titre d’exemple, les entreprises de transport sont 52 % à avoir constaté une progression de leur compétitivité. Cette faiblesse relative du score de l’industrie interroge dans la mesure où les entreprises industrielles, si elles ne représentent plus que 11 % du PIB français, concentrent l’essentiel des exportations françaises et des efforts privés de R&D.

Si l’année 2016, selon l’étude, semble avoir marqué un léger mieux sur le front de la compétitivité des entreprises françaises, celles-ci jugent toutefois sévèrement les réformes menées depuis 2012 (CICE, loi Macron, pacte de Responsabilité, etc.). Deux-tiers d’entre elles (67 %) estiment en effet que ces réformes n’ont pas contribué à améliorer leur compétitivité. Ce qu’elles recherchent avant tout ? Un droit du travail simplifié, un coût du travail moins élevé et un cadre législatif et réglementaire stable. Des « doléances » classiques que les mesures prises par les pouvoirs publics ces cinq dernières années ne semblent pas avoir satisfaites.

Inscrivez-vous à la Newsletter