Décryptage

Coworking : du simple espace de travail partagé à l'écosystème collaboratif

Image

L’économie du partage est sans conteste une des notions qui a le plus bouleversé le 21ème siècle. Et le monde du travail n’échappe pas à cette révolution. Enquête sur les espaces de travail partagés, une tendance qui monte en puissance depuis quelques années.

 

Importé tout droit de la Silicon Valley, le coworking, d’abord inhérent au secteur tertiaire, est à l’origine une réponse aux besoins des start-up californiennes à la recherche d’ultra-flexibilité et de partage communautaire au sein de leur environnement de travail. Selon le Global Coworking Survey 2017 publié par le magazine Deskmag, il existerait aujourd’hui près de 13 800 espaces de coworking dans le monde. Ce chiffre a été multiplié par 10 en à peine 5 ans!  

 

Entre mutualisation des moyens et collaboration

L’essence du coworking, c’est d’abord des grands plateaux de travail, très souvent en open space, qui offrent à de jeunes entreprises un espace leur permettant d’être immédiatement opérationnelles, d’être au contact avec d’autres entrepreneurs et de bénéficier d’une réflexion collective et mutualisée.


De façon générale, les espaces de coworking répondent donc à deux grands types de besoins. D’une part les besoins d’ordre pratique comme des coûts et moyens mutualisés, de la flexibilité, un accès plus facile à des outils performants (notamment pour les professions qui requiert un niveau d’équipement important), ou l’accès à un réseau plus large. D’autre part, ces espaces répondent à des besoins relevant plutôt de l’environnement général de travail : enrichir sa vie sociale professionnelle, travailler dans un écosystème stimulant la créativité, disposer d’un endroit propice au travail et d’opportunité de rencontres enrichissantes, ou encore bénéficier d’un regard extérieur sur son activité.

Ces espaces de coworking dit “puristes” sont donc les descendants direct de la Silicon Valley au sein desquels les indépendants se rencontrent et viennent y travailler sur des projets communs. On notera récemment le développement des colocations de start-up ou incubateurs. Ces pratiques de coworking favorisent l’échange de savoir et l’amélioration de leur networking, mais sont surtout une opportunité de partager de bons plans entre jeunes entrepreneurs qui recherchent bien souvent des solutions peu coûteuses et faciles d’accès pour leur entreprises.

L’une des idées majeures du coworking est que les travailleurs ont encore besoin d’un espace physique, pour mutualiser les énergies, les compétences, les réseaux et les idées.

 

Vers une mutation des espaces de coworking

Mais le coworking est aussi très divers. Chaque espace présente en effet une ADN et une identité propre, s’adressant généralement à des segments de travailleurs différents. L’objectif ? Que chacun trouve son espace de travail en fonction de ses besoins.

Les espaces de coworking se sont, de fait, développés. Ce qui pouvait être un simple espace de travail partagé se développe maintenant vers des structures plus complexes, accueillant notamment des espaces dédiés aux évènements, des centres d’affaire ou des incubateurs.

 


C’est d’ailleurs le cas chez les
Ateliers Draft, à Paris, qui offrent un espace collaboratif de 130 m2 complété de terrasses, d’un espace détente et de tables de ping pong. Cet espace aux allures d’atelier, propose aux acteurs de la création et de l’innovation un véritable lieu-outil propice à la conception et aux échanges. En plus de l’espace de coworking, imprimante 3D, atelier bois, découpe laser et imprimante textile numérique sont mis à disposition. De quoi encourager la création et permettre à chacun d’accéder à des outils technologiques à moindre coût. Non loin des ateliers, le Studio DRAFT, un espace de création et d’innovation de 70m2 offre lui un accès à toutes les machines numériques de prototypage et de production.

D’autres espaces adoptent des modèles plus hybrides pour diversifier l’utilisation du lieu. A Marseille, l’espace de coworking The Carrosserie est un ancien atelier automobile qui offre aujourd’hui des espaces de travail partagés et accueille également casting, séminaire, marché de créateurs, exposition, vide-dressing ou brunch dominical…Dans le même esprit, la ville de Bordeaux a vu naître Darwin, un modèle alternatif qui a développé tout un écosystème dans une ancienne caserne militaire. Cet espace de 3 hectars d’ancienne friches militaires accueille, en plus d’espaces de coworking, des bureaux, des salles de réunion, une pépinière, un restaurant, une épicerie bio, des espaces associatifs, un hangar dédié au sport, etc.  De quoi organiser la collaboration entre les acteurs du territoire dans un programme hybride mêlant activités économiques et initiatives citoyennes.

La démocratisation du coworking a également eu récemment pour effet le développement d’un coworking dit “soft”. Dans ce cas, il s’agit plutôt d’une simple mutualisation des moyens et outils de production. Une solution adoptée par Les Coiffeuses de Bruxelles, un espace de coworking pour les coiffeurs et esthéticiennes qui réunit une équipe d’indépendants qui peuvent échanger leur compétences et partager leurs frais. Un salon multi-fonctions qui propose également une petite restauration bio et végétarienne, ainsi qu’une bibliothèque et le wifi. Ces nouvelles formes de tiers-lieux ont donc la particularité d’héberger des communautés dont les profils, souvent complémentaires, amènent nécessairement à la collaboration.

Inscrivez-vous à la Newsletter