Les Start-up : un vivier d’emplois en France ?

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10 Sep 2015

CATÉGORIE
Anticipations

Elles s’appellent Critéo, BlaBlaCar, Meetic ou encore Viadeo pour les plus connues, elles sont parties de rien, affichent souvent une croissance à deux chiffres, et se sont toutes basées sur le numérique pour révolutionner des pans entiers de l’économie.
Mais quel poids possède ces start-up dans l’économie française ? Quel est leur impact sur l’emploi en France ? Et quelle est la nature des emplois créés ?
re.sources fait le point.

 

Pour répondre à ces trois questions, il convient d’abord de qualifier ce qu’est une start-up, traduire « jeune pousse » en français. Partant de rien et montant très haut, la croissance de ces petites structures est souvent très rapide, d’où l’origine du nom « start » pour « commencer » et « up » pour « vers le haut ». Les start-up sont donc des entreprises parties d’une idée, d’un service ou d’un produit, que l’on peut qualifier d’innovant et qui connaissent rapidement une forte croissance. Ce « si haut, si vite », s’explique par la culture qui sévit dans ces organisations, misant tout sur une idée de départ et intégrant une part de risque pour réussir à bousculer un marché déjà existant, ou à en créer un nouveau.

 

Petite start-up deviendra-t-elle grande ?

Il se crée environ 1 000 nouvelles start-ups chaque jour dans le monde, et même si une majorité fait faillite au bout de 3 ans, celles qui survivent modifient durablement le paysage économique et social du pays où elles se développent. Dailymotion, Vente Privée, Meetic, Viadéo ou encore BlaBlaCar sont ainsi devenues des PME et ETI françaises reconnues. Elles emploient chacune des centaines de salariés et génèrent des millions de chiffres d’affaires.

Mais le point commun entre toutes ces structures réside dans le faible besoin en hommes et femmes de ces sociétés, qu’on dit “scalables”, c’est-à-dire que la progression de l’activité peut être exponentielle et celle des effectifs linéaire. Le poids des start-up en matière d’emploi dans l’économie française ne peut donc pas être analysé sous le simple prisme de leur chiffre d’affaires ou de leur taux de croissance.

Mais rares sont les statistiques disponibles sur le nombre d’emplois directs occupés par les start-up en France. Le cabinet de conseil Ernst & Young en partenariat avec France Digitale s’est essayé à l’exercice. D’après le baromètre annuel de la performance économique et sociale des startups numériques en France, les effectifs des 116 start-up interrogées ont augmenté de 22% avec 7 566 emplois créés en 2013 contre 6 190 en 2012. Ce qui, rapporté au panel de l’étude, constitueraient en moyenne une augmentation de 65 salariés par start-up sur un an! Des chiffres encourageants, mais qu’il convient de relativiser comparés aux statistiques délivrées par l’Insee concernant l’emploi marchand en France. Sur la même période, c’est-à-dire pour l’année 2013, 132 500 postes avaient en effet été détruits. Le nombre d’emplois directs créés par les start-up ne suffit donc pas pour le moment à compenser la destruction de pans entiers de notre économie, notamment dans le secteur industriel.

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Autres enseignements majeurs apportés par ce baromètre, les employés de start-up sont majoritairement issus d’une formation supérieure (68 % des effectifs ont un diplôme supérieur à bac +3), leur âge moyen est de 32 ans, et 91 % d’entre eux sont CDI. Enfin, 50% des effectifs totaux sont portés par des sociétés ayant un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros.

Afin d’assurer leur rapide développement et répondre aux attentes de leurs clients, les start-up sont sans cesse à la recherche de profils. Re.sources a parcouru les offres d’emploi affichées sur les sites internet de cinquante d’entre elles du 1er au 7 septembre. Résultat, la nature des besoins en recrutement des start-up s’appuie majoritairement sur un triptyque Technologie, Commerce et Marketing.

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Technologie d’abord, car la valeur ajoutée de ses sociétés réside avant tout dans le développement et la maîtrise d’outils numériques. Ainsi les développeurs et les ingénieurs informatiques sont parmi les postes les plus recherchés et souvent les plus difficiles à pourvoir en raison de la pénurie de compétences IT qui existe aujourd’hui sur le marché de l’emploi.

Commerce ensuite, car les start-up doivent assurer à la fois la commercialisation rapide de leurs nouvelles offres, ainsi que le suivi de leur clientèle, qui – si tout se déroule normalement – croît régulièrement. Business Developpers, directeurs de clientèle ou ingénieurs commerciaux sont parmi les profils les plus recherchés par ces structures.

Marketing enfin, le web étant le premier canal de promotion des activités de ces jeunes pousses, voir même le cœur de leur business, par exemple via de l’acquisition de trafic, les start-up recherchent principalement des chefs de projet CRM, Traffic Manager ou Data Analyst.

Si la croissance est au rendez-vous, que la start-up gagne en solidité financière et maturité sur ses offres commerciales, et atteint une taille critique, le besoin de structurer des fonctions supports se fait alors rapidement sentir. Juristes, comptables, chargés de ressources humaines, responsables marketing sont alors des profils prisés pour continuer d’assurer son développement.

 

Les grands groupes français passent en mode « start-up »

Les poids lourds français de l’industrie et des services se mettent aussi à la mode start-up. De plus en plus de grands groupes ont en effet recours à l’« open innovation » ou « innovation ouverte ». Cela consiste à connecter les entreprises à leur environnement pour s’approvisionner en idées, inventions, processus, et équipes. L’innovation ouverte recouvre tout un tas de notions : partenariats avec des laboratoires de recherche, conception collaborative de produits ou de standards, création de projets open source, développement d’un écosystème de start-up ou acquisition de start-up.

Ces nouvelles pratiques présentent un double avantage pour les grandes entreprises. Elles permettent d’une part d’innover presque sans limite, là où la rigidité des organigrammes des grandes structures constitue souvent un frein au développement d’idées et à leur mise en application. D’autre part, elle constitue un investissement sur le long terme.

Cet intérêt des grands groupes pour l’open innovation les pousse notamment à développer des incubateurs et des accélérateurs de start-up, structures dédiées à accompagner les jeunes entrepreneurs dans leur développement.

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Ces initiatives favorisent la croissance du secteur du numérique en France et donc de la création d’emplois. Mais si les incubateurs de start-up aménagent un environnement favorable à la création d’entreprises, elles ne peuvent en aucun cas garantir leur succès.

S’il est encore trop tôt pour affirmer que les start-up constituent une source créatrice d’emplois suffisamment importante pour pallier la destruction d’emplois dans de nombreux secteurs, notamment industriels, il est néanmoins certain que les start-up vont constituer un atout économique majeur dans les prochaines années. La nature de leurs innovations modifie durablement nos écosystèmes, et ouvre des possibilités gigantesques en matière de développement économique. La grande question pour la France, qui a profité de la révolution industrielle au XIXe siècle, est de savoir si cette création va se passer sur son territoire ou ailleurs. La volonté et la capacité des pouvoirs publics à encourager et accompagner le développement de ces structures, seront déterminantes pour envisager le monde de demain sereinement.

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