Décryptage

5 graphiques pour comprendre l'impact de la robotique sur l'emploi

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La « robolution » est en marche. Portés par les progrès technologiques, les robots entrent dans une nouvelle ère. Leur champ d’action s’étend progressivement à tous les domaines et secteurs : de la médecine à l’agriculture en passant par la logistique et l’aide à la personne.
Si la révolution de la robotique est lancée, ses impacts sur l’emploi (compétitivité, productivité, création ou destruction de postes) sont eux difficilement quantifiables et font l’objet de nombreux débats.
« Le robot n’est pas l’ennemi de l’emploi », a déclaré le ministre de l’Économie Emmanuel Macron, en présentant le 18 mai dernier
son plan pour l’industrie.
Deux visions s’opposent cependant. D’un côté ceux qui affirment que la robotique va contribuer à la création de nombreux emplois et de l’autre, ceux persuadés que les robots remplaceront l’emploi des ouvriers et des cadres, au point de devoir envisager une nouvelle manière d’appréhender le travail.
Re.sources propose 5 graphiques pour mieux comprendre l’impact de la robotique sur l’emploi, en France et dans le monde.

 

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L’IFR (Fédération internationale de robotique)
dénombre plus de 12 millions de robots dans le monde. Une large majorité d’entre eux opère dans le secteur de l’industrie, notamment automobile. La densité robotique industrielle d’un pays a pour objet d’apprécier le degré moyen de robotisation de celui-ci. Elle est obtenue en calculant le nombre de robots pour 10 000 salariés dans l’industrie. Le graphique ci-dessus démontre que pour la plupart des pays, le potentiel de robotisation industrielle reste très conséquent. Si l’on en croit ces chiffres, la France avec un peu plus de 100 robots pour 10 000 salariés est en retard comparé à ses voisins européens, notamment l’Allemagne qui en compte près de 300.

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Les taux de chômage des pays les plus robotisés sont aussi parmi les plus bas ou les plus régulés (l’Allemagne est parvenue à une diminution de 4% entre 2013 et 2014). L’apport de la robotique n’aurait donc pas d’impact négatif direct sur l’emploi dans les pays observés ici. Il permettrait même, dans certain cas,  de relancer des secteurs moribonds. Les investissements robotiques des industries automobiles allemande et japonaise ont par exemple permis de maintenir leurs positions sur le marché automobile et, in fine, les emplois liés à cette filière. A moyen terme, les progrès de la robotique auront également un impact majeur sur la compétitivité industrielle de chaque pays : « les économies les plus en pointe en matière de robotique avancée verront davantage leur compétitivité s’améliorer », estiment les auteurs d’un rapport du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG).

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Au sein du marché de l’emploi français, 42% des métiers présentent une probabilité d’automatisation forte, et donc à moyen terme de disparition, du fait de la numérisation de l’économie selon le cabinet Roland Berger qui s’appuie sur une étude de l’Université d’Oxford de 2013. Les métiers automatisables ne sont pas uniquement les métiers manuels. Les développements de la robotique actuelle ne visent pas seulement la réalisation de tâches automatisées, mais également la prise de décision autonome, voire la collaboration robots-hommes. Dans les années à venir, des tâches intellectuelles de plus en plus nombreuses seront prises en charge par les outils numériques. Les robots de nouvelle génération pourraient traiter 25 % des tâches automatisables d’ici à 2025, contre seulement 10 % actuellement pour les robots traditionnels, selon le rapport du cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG). Cette automatisation des emplois détruirait près de 3 millions d’emplois en France à l’horizon 2025, et impacterait en grande partie le secteur des services qui était jusque-là épargné.

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Les robots vont changer la nature du travail et engendrer la création de nombreux nouveaux métiers dans les prochaines années. 1 million de robots industriels actuellement en service seraient déjà directement responsables de la création de 3 millions d’emploi selon une étude conduite par Metra Martech, et relayée par l’IFR. Le développement de la robotique dans les 5 prochaines années devrait encore créer 1 million d’emplois qualifiés dans le monde. Ces emplois créés par la robotique seraient en revanche très polarisés : d’une part, des métiers de maintenance, et de contrôle de tache à faible valeur ajoutée. D’autre part, des métiers très pointus dans la recherche et développement, ainsi que de la programmation informatiques.

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Le marché international de la robotique devrait passer de 3,4 milliards de dollars en 2013 à 17 milliards de chiffre d’affaires en 2016. C’est en Asie que devraient être concentrés dans les années à venir la plupart des investissements en équipements robotisés, notamment en Chine (+135%, à 427 900 unités). En Europe, c’est l’Allemagne, pays déjà le mieux positionné en matière de densité robotique (voir graphique 1) qui devrait continuer à investir massivement dans la robotisation de son industrie (+14%, 199 200 unités). Trois marchés offrent des perspectives de développement particulièrement encourageantes. Ils concernent :

  • les robots industriels, capables d’opérer dans les milieux à risques (nucléaire, corrosion, etc.), de supporter des charges lourdes, et de manipuler de très petites séries ;
  • les robots de services à la personne, dont les progrès sont intéressants pour l’aide au maintien à domicile, la réalisation de tâches domestiques, la surveillance ou encore l’apprentissage.
  • les robots de défense, de sécurité et de surveillance, utiles pour l’intervention en environnements hostiles ;

Cette forte croissance de la production et des ventes de robots devrait générer de nombreux emplois : ingénieurs robotiques, techniciens en automatisme, mécatroniciens, développeurs, Data-scientist…

 

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